Le Soleil viendra à toi : parler de précarité aux enfants ?

Quand Barbara et moi avons commencé à travailler sur Le Soleil viendra à toi, nous avons beaucoup réfléchi à ce que nous voulions montrer sur la famille des personnages : pas “seulement qui ne partent pas”, mais qui font face à l’impossibilité imposée par la précarité. Comment le faire à hauteur d’enfant ? Comment offrir une histoire pouvant servir de supports aux parents frustrés ou honteux d’en parler ?

“Une étude, publiée le 12 juillet par la fondation Jean Jaurès, révèle que plus de 50 % des Français avec enfants renoncent aux vacances par manque de moyens. La même proportion préfère cacher la raison à leurs proches.”

“Vacances : les plus pauvres ne partent pas… et le cachent à leurs proches”, L’Humanité

“Les inégalités face aux vacances stagnent en France depuis une quarantaine d’années. Quatre Français sur dix ne peuvent toujours pas se permettre de partir en voyage. Dans un contexte où la pauvreté en France atteint un “niveau inégalé depuis près de 30 ans” selon l’Insee, la tendance ne devrait pas s’inverser.”

Partir en vacances : un rêve inaccessible pour 40 % des Français, France 24
https://www.france24.com/fr/france/20250715-partir-en-vacances-r%C3%AAve-inaccessible-pour-40-pourcents-fran%C3%A7ais

La dimension politique du livre jeunesse

“ La dimension politique du livre jeunesse réside aussi dans tout ce qui y est tu, dissimulé, contourné, euphémisé.(…) “Pour tout livre jeunesse, il faut en effet savoir ce que l’histoire dit ou ne dit pas, ce qui est illustré ou ne l’est pas, mais aussi comment ces histoires sont écrites (voire lues) et illustrées.

Extraits de la critique du livre “ L’aventure politique du livre jeunesse” de Christian Bruel, par Noëlle Delbrassine

Comme à chaque projet , Barbara et moi avons pas mal discuté de nos envies pour la représentation d’Abeni et ses amies, mais aussi de leur environnement. Notamment en mettant en regard ce qu’on ne voyait pas souvent, en terme de logements.

Photo de Barbara Brun

Le plus fascinant était de voir Barbara jongler avec les matériaux, et de travailler les carnations de peaux noires à l’épreuve de l’aquarelle et de l’encre, en anticipant le rendu une fois imprimé. Un mélange de magie et de chimie…

Huit ans après Papillons noirs, il est difficile de ne pas faire l’état des lieux de ce qui existe aujourd’hui en terme de représentations des personnages noirs :

  • il y a plus de filles noires dans les livres jeunesse qu’avant, mais elles restent majoritairement issues de traductions anglophones. De nombreuses initiatives indépendantes et originales sont souvent contraintes à l’autoédition et ne bénéficient pas des mêmes canaux de distribution et de diffusion.
  • les garçons noirs demeurent encore rares
  • de nouvelles tendances marketing favorisent une diversité “esthétique” (comme un vernis) en les rendant présents dans des illustrations, sans qu’ils ne soient des personnages et donc acteurs.
  • malgré une légère amélioration, l’accès à la publication d’auteur.ice.s concernées reste limité

Néanmoins, des progrès significatifs sont perceptibles grâce à :

  • un champs d’étude de plus en plus fourni et exigent sur la fabrique de ces représentations, comme la collection “J’aimerais t’y voir” de Sarah Ghelam
  • des lecteur.ice.s engagé.e.s et assidu.e.s qui proposent une veille de la production littéraire et de ses travers (aka les faits d’actualité, le bookTok, le bookstagram)
  • des dispositifs mis en place par des syndicats d’auteurs et des associations comme Lire et Faire lire ou encore Diversité & Kids (oui,je parle du programme de mentorat auquel tu as peur de postuler, toi là !)

Alors, si on en parlait ? Rendez-vous le 20 août en librairies !

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