Ma panthère noire: sexualité stéréotypée des femmes noires en Occident

Hello tout le monde !

Ce poste est la version longue de mon intervention d’une quinzaine de minutes de la conférence Exotisme et construction blanche des sexualités non-blanches initiée par le collectif féministe Garces; dont vous pouvez visualiser la vidéo ici. Ceci reste une large introduction, qui se limite aux relations interpersonnelles, mais le sujet de la sexualité des femmes noires est vaste et a de multiples facettes, allant du dépistage du VIH à la prostitution, en passant par la gynécologie. N’étant pas concernée, la dimension queer ne sera pas approfondie ici.

Ca fait longtemps, pas vrai ? Disons que la réécriture de plus de 200 pages, ça occupe. Bonne année à vous, que 2017 soit moins merdique qu’elle ne s’annonce, la santé, l’argent, la mélanine poppin’ et la réussite dans vos projets ! Dans mon immense générosité, j’ai décidé vous offrir une idée pour 2017, une résolution noble. Meilleure que se mettre au sport, meilleure que de faire son budget avant les soldes : arrêter de juger les partenaires des femmes noires. Je sais, c’est dur, et comment s’en passer quand même les fiançailles de Serena Williams n’y échappe pas, mais je vous jure que vous remercierez.

Mais d’abord, remontons au commencement. En novembre 2016, j’ai demandé à des femmes noires les remarques racistes qu’elles avaient reçues dans le cadre intime. Plus de 150 réponses jusqu’à aujourd’hui… Si vous me suivez sur Twitter, vous avez certainement vu mon appel :

Plus de 200 retweets, et tout autant de réponses. L’origine de ma demande est pour la rédaction d’un papier qui sera présenté à une conférence en février. En attendant, petit florilège de ce que certaines ont entendu :

« Jouis dans ta langue s’il te plaît »
« on va pas se mentir vous les blacks vous êtes de bêtes au lit, en mode sauvage comme des lionnes »
« tu sens bon toi, d’habitude les femmes noires sentent fort »
« j’ai un fantasme où je pourrais faire du dirty talk avec une noire et la traiter de pute et d’esclave »
« J’ai refusée ses avances et le type me dit (IRL) : « Personne ne veut de vous tu ne peux pas te permettre d’avoir des exigences. ». »

L’ensemble des témoignages tient en une vingtaine de pages word, et encore, je n’ai pas pu tout mettre. Ce qui ressort de ces anecdotes est l’origine coloniale de ce fantasme; mais aussi la misogynoir qui alimente sa diffusion. Je me suis donc interrogée sur la perception de la sexualité des femmes noires en Occident et, si le sujet est large et digne d’une thèse, c’est avec mes moyens modestes et une bonne série Netflix que je vous propose une petite introduction.

I. Une femme noire dans ton lit ? Une femme avant tout.

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Nous l’avions déjà abordé sur le blog : pour comprendre la perception stéréotypée de la sexualité des femmes noires, il faut remonter, une fois n’est pas coutume, à l’esclavage. D’abord parce que le genre des femmes esclaves n’était pas tout à fait défini aux yeux des esclavagistes, puisque leur nature animale faisait d’elles l’égale des hommes esclaves avec la même capacité de rendement, mais que quand mayme étant des femelles, elles étaient dociles. Ensuite, parce que le viol de ces esclaves était fait à des fins de reproduction pour assurer le nombre de futurs négrillons, et bien sûr, pour faire à l’esclave ce que le maître ne pouvait décemment pas faire à sa femme blanche, elle. En effet, la sexualité des femmes blanches étant régie non seulement par des lois patriarcales, elle répondait à un idéal de pureté du à la religion. Quoi de mieux qu’une femme noire étrangère pour incarner son opposé, la Jezebel par excellence ? Ce qui est pourtant moins connu est la prostitution de certaines esclaves et comment le fantasme raciste a permis un commerce, souvent co-organisée par des femmes blanches (eeeeh ouais…).

Rappelons également que la stigmatisation des femmes noires dans leur sexualité n’a donc pas été entretenu uniquement par les hommes blancs, mais aussi historiquement par les femmes blanches, dont le rôle est souvent minorisé durant l’esclavage, comme l’atteste Olivia Cole après avoir visionné 12 years :

« When I heard about white women in the teaching of American slavery, it was as abolitionists, friends on the Underground Railroad, spotless conveyors of goodwill and empathy. 12 Years A Slave calls this representation of white women a lie, and I applaud it. (…)

We talk about men, both rich and poor, but rarely of their wives; women who were as participative in the perpetuation of white supremacy and human bondage as their male counterparts, as eager to dehumanize, debase and brutalize black bodies as their men.

It’s true, white women lacked the agency of their husbands, fathers and brothers, so their hand in slavery did not extend to the buying and selling of human chattel, the laws being made that called black people only a fraction of a human being. But white women whipped black bodies. They burned them. They posed next to the murdered bodies of black people who were lynched. They called people n*ggers. They scratched faces. They separated families. While wearing their pretty dresses, they ruined lives. If we’re going to talk about slavery and the people that upheld it, we should talk about everyone, as 12 Years A Slave does. »

Le fait est que la misogynoir n’est pas un système perpétré uniquement sur le privilège masculin, mais aussi bien par tout autre individu n’étant une femme noire (qui plus est darkskin). Par conséquent, le maintien de ce fantasme colonial n’est pas le propre des relations hétérosexuelles, mais bien de toute relation impliquant des femmes noires, quelque soit leurs partenaires. Etant une femme noire cis hét’ et au vu des témoignages recueillis, je me limiterai aux relations hétérosexuelles cisnormatives dans cet article, mais il existe bien entendu des articles plus spécifiques sur les questions LGBTQI+.

« Wouaïte euh mineute, comment une femme blanche peut participer à la diffusion d’une sexualité fantasmée des femmes noires, indirectement ? »me direz-vous. Eh bien tout simplement en étant raciste. Yep. Aussi simple que ça. L’idée étant que la sexualité des femmes noires comme objet de stéréotype est un acte à la fois raciste et sexiste; la copine blanche qui demandera « alors c’est vrai que les hommes ils [insérer n’importe quoi ici] au lit ? » sera dans la même démarche d’animalisation et d’extériorisation d’un individu du seul fait de sa couleur de peau. De ce fait, elle participe à la diffusion et à l’alimentation d’un imaginaire collectif qui stigmatise les personnes noires en général.

Ceci étant posé, on comprend que la femme noire pensée comme étant détentrice de son corps et par extension de sa sexualité, est une conception tardive. En plus d’un passif historique lourd, le corps des femmes noires doit faire face aux diktats imposés par le regard blanc, dit « white gaze », le décrétant comme étant laid et incapable de susciter du désir, sexuel ou autre. En ce sens, la sexualité des femmes noires est relayée parfois  à l’inavouable, à la liaison secrète et devient le terrain pour extérioriser le fantasme des dominants.

Malheureusement, si tout le monde s’accorde – plus ou moins – sur l’existence de ce fantasme négrophobe et sexiste, très peu admette les dangers de son extension : juger une femme noire pour le choix de son partenaire. En effet, beaucoup pensent que cette hypersexualisation s’est arrêté à l’esclavage, mais elle a perduré et a été entretenue par la culture occidentale via les médias, influençant ainsi le quotidien des femmes noires.

II. « J’ai jamais essayé une Noire », ou comment la pop culture et la presse ont maintenu ces stéréotypes.

Le premier outil ayant consolidé cette image de leur sexualité comme étant immorale, sauvage, etc, est la presse. Comme l’explique Bell Hooks dans son essai « Ne suis-je pas une femme ? », la presse états-unienne a participé à la stigmatisation des femmes noires et des agressions sexuelles qu’elles subissaient comme étant normales.

bell1Les agressions sexuelles subies par les femmes noires étaient normalisées par l’idée selon laquelle elles étaient responsables de l’attraction qu’elles suscitaient, à cause de leur immoralité et impureté naturelle. A ce sujet, Bell Hooks poursuit sur l’origine de ce trope :

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Du côté français, pour cerner le rôle de la presse, la réception du spectacle de la Revue nègre avec pour tête d’affiche Joséphine Baker par la presse française : « c’est un paroxysme d’érotisme, voyez ces mouvements animaux, ces instincts sauvages, ces corps possédés et ensorceleurs… ».

Extrait de l’article « Primitivisme lettré et érotique du jazz-band », extrait de « Jazz, les échelles du plaisir », l’auteur Olivier Roueff fournit une analyse poussée de la réception de la Revue Nègre par la presse parisienne, dans les années 30 ; et si le traitement colonial est indéniable, il insiste néanmoins sur le fait que la Revue nègre offrait une esthétique différente et inhabituelle de ce à quoi les Français étaient habitués. Ce que, personnellement, je reproche à la conclusion de cet article, c’est de déresponsabiliser une lecture occidentale des corps noirs qui crée une catégorisation artistique stigmatisante : c’est ainsi que l’on parle d’Art nègre et de Primitivisme en utilisant un prisme occidentale où les corps des femmes noires sont encore intellectualisés suivant un imaginaire excluant.

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On pourrait donc penser qu’avec le « progrès » et les années aidant, il y aurait quelques améliorations, du genre considérer les femmes noires comme des êtres humains AU HASARD SAIT-ON JAMAIS, mais la reprise de cette imagerie à alimenter notamment le monde de la mode et de l’art : Jungle Fever, publié en 1982, regroupe un ensemble de clichés où plusieurs femmes noires incarnent et réalisent un imaginaire fantasmée sauvage : de la cage avec viande crue à Naomi Campbell incarnant un léopard, en passant par le corps noir posant lascivement avec un fouet ; celui qui est présenté comme l’un des plus grands plasticiens et photographes français doit la majorité de sa renommée à de nombreux clichés du genre. Ainsi peut-on voir l’œil de l’artiste présenté avec une certaine admiration par Philippe Dujardin dans l’article « La Marseillaise » ou l’invention chimérique de Jean-Paul Goude (1992). Dujardin explique la fascination de Goude pour l’Autre, l’altérité :

«  L’autre d’une catégorie qui n’est plus ethnique mais psycho-culturelle, le « sauvage » qui s’enregistre dans les figures du voyou, du boxeur proxénète, de la femme tigre, mais aussi dans la référence à un certain exotisme campagnard afro-américain »…

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Cette manière d’intellectualiser l’exploitation du corps noir dans un imaginaire érotique serait presque réussie, si la majorité des médias culturels n’étaient pas déjà construits à partir du regard blanc – le white gaze – qui justement impose une lecture de l’Autre, façonne et réinterprète l’altérité des corps non-blancs. Je ne reviendrais pas sur cette tradition d’utiliser les corps noirs dans l’art occidental, que j’abordais déjà sur mon blog, mais l’idée est là. Ce qu’il faut retenir néanmoins est que la société minimise la diffusion et l’alimentation de cet imaginaire en la réduisant à un acte individuel (celui de l’artiste) comme étant « controversé ». Dès lors, ce n’est pas l’approbation d’une telle imagerie par la presse et plus largement la société et les institutions (puisque Goude a été appelé à réaliser certaines commandes parmi elles) qui est pointée du doigt, mais un acte personnel, et quand celui-ci même essaie de nier toute responsabilité, c’est le sujet qui est pris à partie que l’on questionne (cf. comme le rappel que Grace Jones était l’amante du photographe,dans certaines analyses de ces clichés).

Ainsi, la sexualité des femmes noires en plus d’être le support de représentations fantasmées et misogynoiristes, devrait être la caution  d’une pratique et une diffusion délibérée de ces dernières. La question n’est donc pas de savoir quels rôles ont eu, par exemple, ces mannequins noires dans la diffusion de ces images mais bien de s’interroger sur cette société excluante maintenant cet imaginaire infériorisant un groupe de personnes définies – (rappelons-le, nous sommes dans une société capitaliste où les femmes noires sont soumises à des marges de manœuvre réduite, mais surtout, cette question déresponsabiliserait un système raciste, sexiste et classiste qui choisit ces représentations pour satisfaire l’imaginaire des dominants) .

On comprend pourquoi la presse d’aujourd’hui – et la culture en général – continue de renforcer une image de la sexualité des femmes noires selon un cahier des charges érigé par le regard blanc.

Quand ce n’est pas le cas et que des femmes noires choisissent d’aborder le sexe en leurs termes – comme le clip « S&M » de Rihanna ou d’Anaconda de Nicki Minaj, cela devient soudainement « vulgaire », et dérangeant.

 

 

Dis-moi avec qui tu couches, et je te dirais qui tu es !

Seductive woman lying down

Lorsque plusieurs femmes ont partagé ces anecdotes, beaucoup m’ont précisé avoir honte d’avoir vécu ces agressions; parfois parce qu’elles n’avaient pas su quoi répondre, parfois parce qu’elles se sentaient coupables d’avoir choisi un partenaire raciste (même le temps d’une nuit), ou simplement parce qu’elles avaient vécu ces agressions. Si ces réactions peuvent être rapprochés aux mécanismes de la culture du viol (notamment par l’intériorisation d’une agression); il est primordial de déconstruire la responsabilité des femmes noires dans la stéréotypisation de leur sexualité. La sexualité des femmes noires est un enjeu afroféministe aux multiples facettes, tant par l’angle de la santé que par l’angle du sex positivity. Ainsi, décortiquons ensemble ce qui résulte de cette stigmatisation misogynoiriste de nos sexualités :

  • « Afrofem à bae blanc »: on peut le voir sur Twitter et les autres réseaux sociaux, il y a cette tendance à annihiler la légitimité des femmes noires engagées- ou pas – selon qui les côtoie dans leur lit. Une femme noire engagée en couple avec un homme blanc est perçue comme hypocrite, parfois traîtresse à sa cause.Pourquoi c’est de la misogynoir ? Dans un système patriarcal et raciste, où le lynchage d’hommes noirs a été effectué en grande partie à cause d’accusation de « ils ont violé/touché nos femmes blanches »; reproduire ce type de logique est non seulement dangereux, mais cela s’appuie également sur des mécanismes de la suprématie blanche. Il y a une grande mauvaise foi à questionner la légitimité politique de ces femmes selon leur sexualité sous couvert de « cohérence à toute épreuve »; surtout quand on refuse d’adresser la misogynoir dans les milieux militants et plus largement dans la société. On ne peut décemment pas faire le procès de ces femmes pour « manque de rigueur politique » sans:
    1) voir comment s’inscrivent leurs choix dans un contexte global misogynoir
    2) dénoncer le double-standard : les hommes engagés politiquement sont exempt de ce même procès
    (Ah le patriarcat, toujours « objectif » et plein de bonnes intentions sauf quand ça concerne les hommes)
    3) et tout simplement parce qu’elles sont les seules détentrices de leur sexualité.
  • « Elle sort avec un raciste, elle l’a bien cherché »: je crois que ce qui me navre le plus, c’est de voir cette mentalité généralisée, jusqu’à certaines féministes. Donc cette affirmation part du principe que si une femme noire sort avec un homme raciste, et dénonce les agressions qu’elle subit, elle en est fautive.C’est quoi le problème ? Je pense qu’aucune femme noire ne cherche ardemment à sortir avec un homme raciste, mais PEUT ETRE QUE JE M AVANCE TROP PARCE QU’APRES TOUT LES GOUTS ET LES COULEURS (ironie). Une femme n’est pas plus devin que vous-mêmes, et la rendre responsable de son choix , c’est considérer que les agressions racistes qu’elle a subies sont tolérables et qu’elle y consent indirectement en se mettant relation avec un individu. Je crois qu’il faut également dénoncer cette tendance au « plus woke que mon prochain »: il est question de lutter contre la misogynoir et non un concours d’irréprochabilité. On a tous eu un proche/ami/collègue nous ayant agressé sans trouver comment y répondre/se défendre/ou en choisissant de laisser passer. Partager l’intimité d’un individu ne fait pas d’une femme noire plus invincible. Bien au contraire, nombreuses sont les femmes qui, en témoignant, ont précisé être dans une démarche de réappropriation de leur sexualité, puisque celle-ci est cataloguée dès notre enfance.

Alors, résumons :

  • OUI, l’amour politique est un sujet de discussion nécessaire, afroféministe et décolonial (comment suis-je perçu.e en ayant comme partenaire X ou Y ? Quels sont les rapports de force dans mon couple ? Quels privilèges y sont inhérents ?, etc).
  • NON, rabaisser, dénigrer et stigmatiser une femme noire en fonction de son/sa partenaire n’est pas une question de rigueur politique, mais juste une diversion visant encore une fois à transformer la question de l’amour politique en un concours d’irréprochabilité et de concours du « plus radical », basée sur de la misogynoir. On ne peut pas être afroféministe, prétendre lutter pour l’intégrité de toutes les femmes noires ET partir du principe que certaines d’entre nous n’ont pas un certain sens critique pour analyser par elle-même leur intimité, etc. Une discussion et une solidarité induit, à mes yeux, de considérer de l’autre comme mon égal, quand bien même nos avis politiques divergent – car oui l’afroféminisme contient des mouvances différentes, mais nous en parlerons une prochaine fois, hein.

(Qui plus est, je vois pas autant de remise en question vis à vis de « grandes figures » chez les Black Panthers ou Martin Luther King, ou encore Harry Belafonte, y’aaaalll should read Eartha Kitt before opening your damn mouth !).

En somme, la société a une facilité incroyable à assigner mille et unes descriptions de la sexualité des femmes noires en Occident; et ce, selon les codes des dominants et des rhétoriques négrophobes et sexistes. Difficile de grandir et de se construire en voulant se découvrir une sexualité quand elle nous est déjà inculquée comme étant bestiale, sauvage, et acquise.

Dans le prochain post, nous parlerons de la réappropriation sexuelle des femmes noires, allant de la réappropriation d’un discours global au corps. Je finirai ce post sur les mots de Eartha Kitt « On love and compromise »:

« A man comes into my life and you have to compromise? For what? For what? For what? A relationship is a relationship that has to be earned! Not to compromise for…and I love relationships, I think they’re fantastically wonderful, I think they’re great, I think there’s nothing in the world more beautiful than falling in love. But falling in love for the right reason, falling in love for the right purpose. Falling in love. Falling in love. When you fall in love, what is there to compromise about? I think if you want to think about it in terms of ‘analyzing’, yes, I fall in love with myself and I want someone to share it with me. I want someone to share me with me. Many times [that has happened] in many ways.” – Eartha in her own words from the 1982 documentary “All by Myself: The Eartha KittStory”

N’hésitez pas à proposer une traduction française des citations anglaises mentionnées en commentaires, celles-ci seront intégrées à l’article avec vos crédits. 

Pour aller plus loin :

10 Horrifying Facts About The Sexual Exploitation of Enslaved Black Women You May Not Know

There’s No Sexual Revolution In Black America Just Sex (Unconventional Wisdom)

https://thebodyisnotanapology.com/magazine/black-female-sexuality-no-need-to-reclaim-the-past/

http://theculture.forharriet.com/2016/12/we-should-always-be-judged-by-our.html#axzz4UdVsbUL6

http://uk.complex.com/style/2014/11/jean-paul-goode-paper-magazine-original-images

10 Horrifying Facts About The Sexual Exploitation of Enslaved Black Women You May Not Know

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