La nudité des femmes noires : de l’intime au public

 

Où commence la nudité des femmes noires ? Est-ce dans l’oeil de celui ou celle qui l’aperçoit ? Ou dans le nomansland de notre intimité, que tant de gens ont tenté de conquérir ? Voilà les questions que je me posais quand j’ai entrepris cette série d’articles. J’ai déjà abordé ce thème par des angles différents, tel que la considération du corps noir dans l’art, entre autres,  mais il me semblait primordial de revenir à la nudité, sans qu’elle soit le sujet d’autrui. Je ne savais pas trop par quel point commencer, ni la manière dont articuler toutes ces réflexions, et j’ai finalement d’explorer ce thème à travers les témoignages de sept femmes noires, qui ont accepté de partager leur histoire.

I. “Préserve-toi”: la nudité dans la sphère privée et la construction de l’intime

Photo de Nydia Blas

Difficile de parler de la nudité sans parler de la sphère de l’intime, à savoir : quand notre nudité est-elle devenue intime ? Quand a-t-on compris qu’elle devait être cachée ? Si l’on se penche sur le Larousse, on trouve l’intimité décrite comme ceci :

Intimiténom féminin
  1. LITTÉRAIRE
    Caractère intime et profond ; ce qui est intérieur et secret.
    Dans l’intimité de la conscience.
  2. Liaison, relations étroites, familières.

En interrogeant plusieurs femmes sur leur rapport à la nudité, plusieurs d’entre elles évoquent la sphère familiale, comme le premier espace où la nudité est passée de l’impensé à la pudeur, et du naturel au respectable. “Pour moi, c’est quelque chose de naturel et pendant longtemps je n’ai pas compris pourquoi c’était pas la même chose pour toutes les femmes, m’explique Ahou. Quand j’allais dormir chez des amies et au moment de se changer ensemble elles allaient se changer dans les toilettes, je me disais ” pourquoi elle se cache? on a toutes la même chose”. Mon rapport à la nudité vient surement du fait que j’ai grandi avec une mère qui se baladait souvent seins nus, même quand mon père vivait encore avec nous. Je n’ai pas grandi dans une famille qui considère la nudité comme quelque chose de honteux donc je peux me balader à poil chez moi (j’habite avec ma mère) et mes soeurs aussi sans que ça pause problème.”

Pour Frencheaux, son rapport à la nudité s’est construite avec plus de difficulté, notamment du fait de la grossophobie ambiante :  “J’ai été élevée dans une famille très stricte, presque prude, où il ne fallait pas montrer son corps (ma première jupe au dessus du genou, ça a été à mes 17-18ans je crois) alors qu’en parallèle j’ai une maman qui sortait de sa douche toujours nue et qui contre-balançait et normalisait la chose pour moi. Je crois que mes parents ne voulaient pas que je sois sexualisée trop jeune, mais ce qu’ils ont eu du mal à comprendre, c’est que peu importe si j’étais couverte ou non, je l’étais dans tous les cas. Être nue, pendant longtemps, était signe de malaise, puisque la honte et l’embarras internalisés de “Ne montre pas ton corps, t’es pas une pute” s’est lié à mes problèmes d’image de ma personne puisque j’ai toujours été en surpoids, puis grosse. Maintenant, après plusieurs années de déconstruction de ces phénomènes opprimants, je suis très confortable dans ma nudité. C’est même ce que je préfère porter (lol). Bien sûr, il y a toujours quelque chose que j’aimerais changer, mais rien que je déteste avoir ou regarder. Je trouve ça libérateur d’être nue.”

La nudité n’échappe donc jamais vraiment l’affaire de soi, elle reste exposée au regard des autres, quand bien même cet “autre” appartient aux cercles familiaux.

 

II. Nudité des femmes noires et espaces publics

1) La nudité normée et les femmes noires

Rappelons-le, la nudité des femmes noires a longtemps été pensée sous deux angles en Occident :

  • Dans un premier cas, elle n’était pas pensée puisque déshumanisée (on ne pense pas à la notion de nudité pour les animaux…etc): cette idée a justifié l’utilisation des corps d’esclaves noires pour des expérimentations gynécologiques (cf, les esclaves torturées par J. Marion Sims), car, dans une société raciste et patriarcale, on estimait – et estime encore – qu’elles étaient peu sensibles à la douleur. On pourrait également parler des viols successifs que subissaient les esclaves, mais vous comprenez l’idée.
  • Dans un second cas, la nudité était hypersexualisée, notamment à travers le prisme de l’exotisme; ce qui a justifié la dissection des parties génitales de Saartje Bartman(entre autres membres de son corps), sous prétexte qu’au regard des scientifiques français, son corps était “hors-norme”.

Ces normes aléatoires sont évidemment propres à un contexte occidental, puis que sur le continent, il en était tout autre :

 Il y a quelques décennies, dans de larges secteurs de la civilisation paléonégritique autour du 10° degré de latitude nord, la nudité était de règle. On pensait qu’un homme vêtu avait quelque chose à cacher et de vieux chefs jaloux de leur autorité avaient fait arracher les vêtements de jeunes  » évolués « . Le désir de se singulariser les inquiétait. Le vêtement était souvent un premier symptôme d’une marche vers l’islam ou le christianisme, d’une recherche d’originalité. (source)

On l’aura compris, la nudité des femmes noires, dans un espace public occidental et majoritairement blanc, est clairement codée, et découle de tout un continuum raciste, patriarcal et classiste.

2) Le pacte de la respectabilité

Au 19e siècle, en parallèle de la rencontre de peuples dits indigènes, on assiste à la construction d’une imagerie coloniale pouvant justifier la supériorité de l’Occident sur la dévalorisation de peuples perçus comme “non civilisés”. Dans cet extrait d’article d’Africultures (je n’ai pas pu retrouvé la référence), on comprend que le symbolisme apposé sur la nudité des femmes noires par le regard blanc va construire les critères d’une respectabilité occidentale (dont on hérite encore aujourd’hui):

C’est la nudité qui témoigne de la proximité de la nature et témoigne d’un rapport au corps nouveau dans les sociétés européennes. Au 19ème siècle, les règles de maîtrise du corps se diffusent à l’ensemble de la société (dès le 17ème et le 18ème siècle, aristocrates et bourgeois sont touchés par «la civilisation des mœurs ») : les manifestations corporelles externes (rots, pets, crachats) sont rejetées et s’accompagnent d’une dépréciation sociales sur les odeurs, les urines, les excréments, etc. 

Parallèlement, les organes génitaux et les seins deviennent objet de honte et de pudeur. Ainsi, en exposant la nudité des corps des colonisés, le spectateur prend conscience de sa supériorité mais il peut aussi y projeter les angoisses et les fantasmes qui le préoccupent.

On peut d’ailleurs s’interroger sur la nécessité de rediffuser cette imagerie comme l’a fait un certain livre “Sexe, (pas de pub gratuite), et colonies”, l’an dernier, but that’s my two cents.

Si la respectabilité est connu pour être un outil de silenciation des violences subies par des groupes dominés, elle est aussi un marqueur de classe, comme le rappelle la chercheuse Beverly Skeggs, dans Des femmes respectables :

La respectabilité est un signe de classe omniprésent. Elle est présente dans nos manières de parler, les gens à qui l’on parle, ce que nous étudions, la façon dont nous classons les autres et dont nous savons qui nous sommes (ou ne sommes pas). La respectabilité est généralement la préoccupation de ceux qui sont censés en manquer. Elle ne constituerait pas un tel enjeu si les classes populaires (« noires » comme « blanches » ) n’avaient pas été continûment catégorisées comme dangereuses, contagieuses, menaçantes, révolutionnaires, pathologiques et irrespectueuses. Elle ne serait pas une chose à désirer, à prouver et à atteindre si elle n’avait pas été perçue comme le propre des « autres ».

La respectabilité implique des jugements de classe, de race, de genre et de sexualité, et les groupes sociaux ont un accès différencié aux mécanismes de production, d’affichage ou de mise à distance de la respectabilité”.

Partant de ce constat, comment donc s’épanouir et assumer sa nudité quand notre société hérite de telles normes ? Cette réalité ne dissuade-t-elle pas les femmes noires de revendiquer leur nudité comme une chose neutre et propre ? Pour Frencheaux, le recours aux codes de la respectabilité est nourri par la peur de justifier ces stéréotypes coloniaux :

“Ça s’appelle la Menace du Stéréotype en psychologie, explique-t-elle. Dans l’imaginaire français, la femme noire est hypersexuelle, toujours nue, ou à moitié nue, bestiale (combien de fois vous avez entendu le mot panthère, tigresse, lionne, gazelle si tu es mince et a de longues jambes, pour parler de vous?), et personne n’a envie de «renforcer» un stéréotype. Mais ce besoin de ne pas renforcer d’images négatives créées par des gens qui vous ont toujours voulu du mal, reflète le besoin de certain.e.s de se conformer à une politique de respectabilité, qui explicitement dit «Si tu suis les règles de cette politique, que tu es “”respectable””, que tu ne fais pas de vagues, alors tu mérites mieux que les autres moins que rien qui font tout ce qu’on a décidé être mal.» Et ce truc c’est l’arnaque du siècle. Parce que de un, c’est faux. Et de deux, tu ne vis pas comme tu en as envie.

Jade Almeida énonce aussi la notion d’agentivité, qu’elle résume comme “si je fais le premier pas [vers cette respectabilité], je ne risquerai rien”. Si ces normes parasitent la sphère de l’intime, qu’en est-il de l’espace public ? A l’heure où plusieurs actions et mouvements féministes prônent la revendication de la nudité comme arme politique, l’engagement des femmes noires peut-il s’inscrire dans ces actions ?

III. La nudité peut-elle être une arme politique pour les femmes noires en Occident ?

1. Free the Nipple et tétons marrons

On a donc parlé des normes à laquelle est soumise la nudité des femmes noires, de la respectabilité qui s’est construite autour de ces normes, il faut maintenant noter que les diktats féminins et eurocentrés (donc des normes spécifiques aux corps identifiés comme féminins)ninfluent également sur le rapport à la nudité de nombreuses femmes noires, comme ce fut le cas pour Lysa : “[J’avais] un rapport assez conflictuel. Pour placer le contexte, je fais de l’eczéma depuis l’age d’un an. J’ai donc beaucoup d’hyperpigmentation sur tout le corps et pour rien arranger je suis en surpoids depuis toujours. Mon rapport à ma nudité a donc évolué avec “l’acceptation” de ce à quoi mon corps ressemble. Passé l’adolescence ce rapport s’est plutôt libéré, ou ouvert je dirai. Je fais du seins-nus à la plage, je porte des shorts courts et des décolletés plongeant. Et je pense que ça correspond au moment où j’ai compris que je ne rentrai pas dans les critères de beauté euro-centrés.”

L’esthétique de la nudité telle qu’elle est promue en Occident peut donc expliquer le désengagement de certaines femmes noires vis-à-vis de mouvements ou d’actions féministes, comme Free The Nipple. Quand j’ai posé la question, les réponses se rejoignaient :

“Je ne peux pas m’empêcher de voir ce mouvement avec une optique décoloniale, explique Ahou: la nudité et surtout celle des seins n’était pas considérée comme quelque chose de honteux dans beaucoup de communauté africaines, mais avec la colonisation et l’avènement des religions abrahamiques dans ces communautés, il y a un une survalorisation de la “pureté” chez les femmes.c’est comme pour dire ” les femmes blanches sont des “salopes”, elles veulent se balader à poil alors que nous on est des bonnes femmes bien respectables”.Dans les quelques films  ivoiriens des années 80-90, on voyait des seins sans que ça choque personne , ce serait impossible de faire ça de nos jours sans causer une grosse polémique, note Ahou. C’est le monde à  l’envers et c’est sûrement pour ça que peu de femmes noires prennent part à ce mouvement, couplé au fait qu’on est consciente que  nos tétons marrons sont  vus comme bien plus sexuels que leurs tétons roses donc la réception ne serait surement pas la même, si on faisait la même chose. Même si on adhère à la cause, les réactions et les enjeux sont différents pour nous. On est un peu entre le marteau et l’enclume, comme toujours.”

Même constat pour Frencheaux et E. :

“Vous savez à quel point les femmes noires ont honte de leur auréoles et tétons? Enfin je dis ça parce que c’était mon cas et le cas de pleins d’autres de les copines. Parce que trop foncées, trop larges, pas assez larges, pas assez définies, trop définies, des tétons trop gros, trop petits. Wesh. Tu couples ça au fait que personne n’a envie de montrer son auréole dans un océan de tétons roses et mignons, on comprend vite que personne ne va le faire. Mon point de vue sur le mouvement? Meh. Quand mon gros corps de femme noire aura le droit d’exister dans les espaces de femmes minces et blanches qui aimeraient que leurs tétons soient désexualisés, peut-être que je m’y pencherais dessus un peu plus. ”

“J’ai quand même vu quelques femmes noires s’emparer du mouvement Free the Nipple. Mais ce ne sont pas les plus visibles en France en tout cas. En ce qui concerne le mouvement en lui même, j’ai remarqué que ce sont toujours les mêmes corps normés et les petits “boobies” qui tiennent tout seuls qui sont montrés. Pas de saggy boobs, pas de nanas grosses.”

Cette dissonance entre les différentes actrices de la politisation de la nudité comme arme politique, rappelle encore une fois que l’uniformisation des moyens de lutte n’est pas possible, si l’on envisage une lutte féministe qui rassemble réellement toutes les femmes. L’intersectionnalité de ces moyens de protestation doit être questionnée, sous peine d’alimenter des rapports de domination dont bénéficierait une féminisme privilégié(blanc, valide, hétéro, cis, etc). C’est ce que démontre notamment SHAHIDHA BARI,dans son article Female nudity is powerful, but not necessarily empowering. Elle souligne comment la nudité des Femen, sert un discours paternaliste selon lequel elles veulent “sauver les femmes racisées”, notamment voilées. Compte tenu de ces contradictions, elle conclue sur la nécessité du féminisme moderne à repenser les moyens de lutte s’il se veut inclusif.
In our tired culture of dignified rights and intelligent outrage, perhaps there is an assertive and incontrovertible truth claimed by the naked female form. Perhaps that’s why we rail against censoring images of breast-feeding moms, and counsel our daughters to feel body-confident. Yet in a commercial culture in which women are relentlessly reduced to bodies, rather than voices, overwhelming sexualized and commodified, prized for their adherence to narrowed beauty ideals, the challenge of modern feminism is to find inventive ways of reframing the body to better express the complexity and diversity of women.
Devant ce constat, je me suis interrogée sur la performance de la nudité elle-même : en effet, si l’exposition de notre nudité dans les actions féministes souffre déjà de connotations et nous fragilisent d’emblée, est-ce que ça ne suppose pas que la nudité des femmes noires commence bien avant que l’on retire nos vêtements ? A-t-on le “droit” de parler ou même de montrer notre nudité ?
2. Où commence la nudité aux yeux des autres ?
Pour beaucoup, les réseaux sociaux et l’anonymat qu’il y offre sont un bon compromis pour aborder ces sujets, tout en minimisant les retours qu’elles peuvent avoir IRL. Pour Frencheaux, les réseaux sociaux comme Twitter, donnait la possibilité d’aborder pleinement ces sujets dits tabous :
FrenchHeaux c’était un peu mon alter ego «Sasha Fierce», j’avais vraiment créé cet espace pour pouvoir parler de santé sexuelle, de sexe, de travail du sexe et de la façon dont je suis perçue en tant que femme noire s’intéressant ou faisant partie des dits sujets. Plusieurs types de retours:
  • Les fétichistes, qui bavent dès qu’une photo est postée, mais aimeraient quand même que tu fermes ta bouche sur des sujets plus controversés (i.e. racisme ou misogynie), où uniquement parce que tu réponds au fétiche et même au stéréotype de la femme noire hypersexuelle, bestiale au lit.
  • Les racistes, qui ont à peu près eu les mêmes réactions que beaucoup d’hommes noirs et nord-africains, qui me traitaient assez souvent de gueunon, me comparaient à d’autres hommes noirs (si tu as été comparé.e à un joueur de foot noir tape dans tes mains), j’ai quand même vu un commentaire disant que j’aurais dû me faire poser un anneau gastrique, quantités de .gifs et de collages, où j’étais traitée de singe, de pute et autres noms d’oiseaux.
Mais mes réactions préférées se sont celles des autres femmes ou de la communauté queer x racisée, mais des femmes noires en particulier, qui m’ont toujours encouragé, mais qui me disaient toujours à quel point je leur donnais le courage de ne pas avoir honte de leurs corps ou de leur.s sexualité.s. Et rien que pour ça, ça valait le coup.
L., très engagée sur la nécessité d’une parole libre autour de la nudité et de la sexualité, la rejoint dans l’idée que le backlash des femmes noires survient dès lors qu’elles décident de s’exprimer sur ces thèmes :
Beaucoup n’aiment pas voir des gens libres de communiquer sur des sujets qu’ils estiment tabous. Autant je comprends la pudeur, et je la respecte, autant je ne supporte pas qu’on tente de museler des personnes, de surcroit des femmes qui prennent la parole. (…)  Ce qui m’a aidé à me réapproprier mon corps, c’est la photo. Autant les clichés, tenues du jour, mais dans une plus grande mesure,les nudes. J’ai fais le choix de les diffuser sur mes réseaux, tout en les partageant avec quelques personnes. Avc le risque bien réel, pour l’avoir subi de plein fouet, de récolter des insultes et d’être victime de harcèlement. (…) Bcp m’ont dit que ce n’est qu’un moyen d’attirer l’attention, comme si cela était la pire chose au monde. Oui je cherche volontairement à attirer l’attention, à obtenir des compliments, à savoir que je suis capable de susciter du désir chez l’autre.

Être une femme noire qui parle de sexe est déjà un challenge, mais être une femme noire, bi, qui ne se projette pas dans une relation monogame exclusive est juste un parcours du combattant dans les échanges.

Aux vues des différents témoignages, il est aussi nécessaire de noter qu’à ce stade, on ne peut pas parler de “la nudité”en tant que telle, mais des nudités des femmes noires, tant elles font l’objet de différentes oppressions concomitantes. On comprend ainsi que l’imaginaire sclérosé autour de représentations stéréotypantes de nos corps de femmes noires invalident l’expérience de nos nudités, et ce, bien avant qu’il soit question de sexualité. Mais la société patriarcale, blanche et raciste est-elle le seul obstacle ? N’avons-nous pas la possibilité de trouver des complices dans notre entourage, surtout dans nos relations intimes ? On en parlera dans la seconde partie !
J’ai écrit ce texte avec la grippe (et donc avec les pieds), soyez indulgente, la famille.
Un grand merci aux femmes ayant témoigné pour leur confiance.  L’intégralité de leurs témoignages est disponible ici.

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