L’Afrolab, la première édition

Bonjour tout le monde,

“Donc, t’as un atelier, enfin plusieurs, c’est ça en ce moment ?”

Petit froncement de sourcils de mon entourage, essayant de comprendre mon emploi du temps. S’il y a bien une chose dont je suis contente cette année, c’est que j’ai réussi à tenir ma résolution : plus d’ateliers, moins de conférences! C’est donc avec une émotion non dissimulée, que j’ai envie de vous parler d’Afrolab, la première édition d’une journée créative et bénévole, inscrite dans une démarche afroféministe.

L’Afrolab, c’est quoi ?

Comment on fait un livre ?
Comment on présente un podcast à une radio ?
Comment on fait un site web pour une revue ?
Quels logiciels on utilise pour monter une vidéo ?
Comment peut-on s’équiper à petits prix ?
Quels sont les bons plans ?
Comment on survie dans l’industrie créative (pro ou militante) en tant que femme afrodescendante ?

Parce que beaucoup d’entre nous l’ont appris the hard way, que beaucoup d’entre nous ont essayé de développer leurs propres médias et leurs propres stratégies pour assurer une culture afro alternative qui ne soit pas dépendante du white gaze, ou qui trouve une place finalement dans la culture mainstream; cette journée est l’occasion de transmettre humblement, non pas “les clés de la réussite”, mais des outils qui permettent d’avoir moins de cambouis sur les mains.

L’Afrolab est une démarche afroféministe, visant à fournir conseils et outils pratiques, afin de mettre en confiance les femmes noires dans leurs projets créatifs, en dépit des micro et macro agressions qu’elles peuvent rencontrer.

Cette note d’intention est née à l’issue de nombreuses discussions avec des femmes noires qui créent, : qui gribouillent, qui collent, qui cousent, qui tapent sur le clavier, qui mettent en page, qui prennent en photo. Des amies, des connaissances, et toujours cette conclusion que, au début, on ne sait pas vraiment ce qu’on fait et on aurait voulu “être prévenues”, “savoir que”, et toutes ces petites choses qui auraient rendus moins difficile, moins violent aussi, une entrée en matière. Plus que l’idée abstraite de créer, j’avais envie de parler de “la base”, de ces trucs qui nous font dire “est-ce que c’est une question bête ?” et “si j’avais su, j’aurais perdu moins de temps” (Parce que, justement, tout le monde ne sait pas comment on fait un livre, une vidéo, un podcast, ou une revue web, etc… ). Et, aussi, de ce dont on ne parle pas, de ces micro et macro agressions quand on veut créer.

J’ai donc demandé à des femmes qui m’inspiraient, par leur travail mais surtout par leur résilience et leur force, de m’accorder quelques heures pour monter cette journée. C’était à Paris, le 26 mai 2018.

Pour ouvrir le bal, Anna Tjé, co-fondatrice de la revue littéraire et artistique ATAYE a animé un atelier sur la création d’une revue, la nécessité de définir une ligne éditoriale innovante ou du moins qui nous est propre, dans la mer du digital. Par un enchaînement d’exercices interactifs, et une sollicitation des idées des participantes, elle les a conduit à définir ce qui les inspirait et comment “le mettre dehors”.

Pendant ce temps, à l’étage, je parlais du passage de l’écriture à l’édition, de son écran ou son carnet au contact avec l’éditeur ou éditrice, mais aussi des circuits alternatifs possibles. En comparaison avec le cycle d’écriture De quelle couleur est ta peau noire ?, j’avais vraiment dans l’idée d’être sur le pratique mais, avec du recul, je pense que la seconde édition pour cet atelier sera davantage dédiée à la création – avec j’espère, cette fois, la présence de Kiyémis qui n’a pas pu être des nôtres ! C’est plus facile de fournir des exercices sur l’écriture que de prétendre avoir des clés pour débloquer la créativité de chacun – et c’est un discours dont je me méfie souvent. Néanmoins, je suis contente d’avoir privilégié la forme de l’atelier, et je sais, à présent, ce que j’ajouterai pour perfectionner ce dernier.

Arrive l’après-midi, qui était dédié à la vidéo et au podcast ! Keyholes & Snapshots, youtubeuse afroféministe, nous a livré une présentation ultra complète sur la création d’une chaîne Youtube, du matériel à la gestion et la communication de la chaîne, avec un focus sur le cyber-harcèlement subi par les femmes noires.

Côté podcast, Célia, créatrice du podcast MounWoke et co-host du podcast Piment sur Rinse FM, et Loren, co-fondatrice du podcast The Why, ont présenté avec vigueur l’importance du pitch, du positionnement d’un projet à l’heure où la concurrence est de plus en plus rude, et ont impliqué les participantes dans des mises en situation.

En toute objectivité, c’était le feu !!! On a tellement aimé partager ce moment avec les participantes que nous avons prévu une seconde édition pour… Septembre. Alors, ouvrez l’oeil, et d’ici là, n’hésitez pas à dire en commentaire, quels thèmes créatifs mériteraient d’être présentés ! 😉

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