Octavia Butler (1)

Crépuscule du tourment T. 1, une épopée queer et décoloniale

Attention spoilers !!!

 

A première vue, le titre de ce post pourrait sembler catchy.
Il m’a fallu du temps avant de savoir par quel angle je souhaitais aborder le T.1 du Crépuscule du tourment, tant il était riche. J’ai dû m’asseoir un moment pour savoir ce qui « primait », et je pense qu’entendre Léonora Miano parler de sa saga en 2 tomes (sauf, si on compte Nos astres éteints) m’a aidé à choisir. En effet, lors d’une rencontre littéraire à la librairie Violette and co, Miano expliquait son souhait de proposer une autre masculinité noire en littérature, un défi qu’elle s’est lancée et qui est plus concentrée dans le T.2 (qui m’attend sur la table de chevet). J’ai eu les livres bien plus tard, après cette soirée, ma lecture n’a donc pas été biaisée. La question queer s’est révélée au fil des pages, mais pas que. Il y a énormément de thèmes abordés que j’énoncerai au fur et à mesure. Ca va être un pavé, donc SOYEZ PRÊTS.

A propos

Pour rappel, je suis une femme hétéro cis. Je m’appuierai sur plusieurs sources pour énoncer les questions queer en Afrique subsaharienne et pour décrire un peu le cadre sociologique dans lequel s’inscrit ce livre. A l’heure où des essais comme Afrotopia de Felwine Sarr souligne comment le continent africain a adopté une grille de lecture sociologique occidentale et la nécessité de s’en émanciper, j’aime penser que la littérature est soumise aux mêmes enjeux dans la représentation du genre.

« Pendant des siècles, nos cadres de référence et nos systèmes de signification ont été détruits ou minorés. On nous a convaincus que tout ce qui émanait de notre histoire n’avait aucune valeur et que pour être, on devait être des photocopies d’autrui. » Felwine Sarr, interview dans Jeune Afrique.

Et ce blog n’est-il pas dédiée à la valorisation des littératures afro et d’un regard décolonial ? *met la main sur le coeur* Choisir cet angle, c’est aussi observer comment Crépuscule du tourment rompt avec une lecture du genre occidentalocentrée. Pour rappel :

« Des termes tels que «gay / lesbian», qui visent les luttes de libération occidentales et, plus récemment, «étrange», un mouvement généré dans les universités, soulignent certainement la mondialisation des identités sexuelles. Ces mots ont été importés au continent africain par l’anglais, le français et d’autres langues de l’Ouest et échouent souvent avec les désignations indigènes et leurs pratiques corollaires. » source.

On peut donc questionner l’impact du livre de Léonora Miano dans un imaginaire littéraire où des personnes noires queers sont majoritairement illustrés en Occident – lorsqu’ils ne sont tout simplement pas absents, ahem. Ceci étant posé, passons aux choses sérieuses… C’est parti !

Résumé :

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.
À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.
D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel.

 

Féminité(s) et masculinité(?) noires

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Les féminités exprimées à travers les 4 voix de ce roman s’entrechoquent, s’affrontent, s’accordent et il est intéressant de voir comment elles ouvrent un panel d’expériences de femmes noires sur le Continent. Les natives, la mère de Dio et sa soeur livrent un regard critique sur les pays du Nord, et la place qu’il occupe dans la vie de Dio : le Nord est la terre où il fuit, reste, puis dont il revient avec une « Sans généalogie », c’est-à-dire une femme antillaise (Le « sans généalogie » faisant référence au fait qu’il est impossible pour les antillais de remonter leur arbre généologique jusqu’à un pays africain spécifique)(oui,je sais,moi aussi ça a picoté). Le Nord est cet espace hors du temps qui l’a coupé du Cameroun, de sa famille, du sang et de la terre de ses ancêtres.

  • La Mère

(Tw : violences conjugales)

La mère, qui est restée et a bâti cet empire florissant d’hôtels sur place, ne cesse de lui rappeler que c’est dans cet « ici » qu’il a fui qu’elle lui a donné les moyens d’aller à l’étranger, de s’épanouir, etc. D’une certaine manière, on découvre une maternité tourmentée, à la fois parce que Dio a assisté, impuissant, aux violences conjugales que sa mère subissait, et acceptait; et à la fois parce que cette maternité est une barrière de non-dits : Dio ignore que sa mère, le temps d’un été en vacances, a eu une amante, la seule personne qu’elle ait aimé, qui l’ait aidé à se découvrir sexuellement et à se sentir libre dans sa condition de femme, mère et bourgeoise de Yaoundé.

« Une porte s’est ouverte en moi, dévoilant un espace dont j’ignorais l’existence. Ce territoire était si vaste que je ne sus comment le traverser ».

La trajectoire de sa mère est une fenêtre sur un système patriarcal et hétéronormé, où le spirituel et le juju* apparaissent comme des armes de résistance lui permettant de tenir, de survivre et de faire prospérer son entreprise pour ses enfants. Pendant tout le chapitre, la mère de Dio livrera une plaidoirie sur les armes choisies de sa résistance, les remettra parfois en question, tout en critiquant l’ignorance de celui-même qui a choisi de fuir.

On est, certes, encore dans une image d’une maternité sacrificielle : la mère qui doit provenir aux besoins de ses enfants à cause d’un père incompétent, qui doit être dure pour paraître forte, quitte à s’éloigner d’eux, qui doit assurer leur futur quitte à abandonner l’amour de sa vie, etc.

« Tout est ma faute. C’est toujours la faute de la mère. Qu’il en soit ainsi »

*j’emprunte le terme « juju » à Nnedi Okorafor, car je n’aime pas l’idée du mot « magie », trop occidental pour saisir les tenants et aboutissants d’une « magie » subsaharienne.
  • Tiki, la soeur

Tiki est, paradoxalement à son prénom (trésor, précieux), le personnage qui m’a le moins touché. Bien qu’elle soit témoin d’un désamour et des blessures de sa mère, qu’elle soit la seule à connaître une part de sa mère comme amante, il est difficile de voir comment elle s’emboîte dans le puzzle familiale si complexe. Enfant délaissée, femme explorant sa sexualité pour en cerner les contours et les limites, j’apprécie ses interrogations résolument féministe et émancipatrice sur sa vie, mais j’ai l’impression que ce personnage est plus dans l’exercice et la démonstration : prouver qu’elle était là, qu’elle a tout vu, et fermer la boucle d’un avertissement lancé au début du livre.

  • Ixora et Amandla

Je les cite ensemble car il y a TROP de choses. Elle fonctionne comme un duo d’une même entité.

Amandla est l’Antillaise avec une éducation décoloniale (voire panafricaine) ayant choisi de revenir sur le continent, et s’étant établi au Cameroun par amour pour Dio.

Ixora, elle, est celle née en Occident qui a cherché à connaître le continent dans son couple avec l’ami de Dio et qui, après le décès de ce dernier, a choisi de suivre Dio sur le continent. Elle fournit le fils que Dio ne peut avoir, là où Amandla suscitait l’amour qu’il recherchait désespérément. Il fait le choix d’une descendance adoptée, après avoir fui Amandla pour ne pas assumer la sienne.

Sur le point du colorisme, Amandla est claire de peau et plus impliquée politiquement, là où Ixora est foncée de peau et réservée sur les violences et agressions qu’elle subit en Occident. Honnêtement, je ne sais pas s’il faut y avoir un regard critique sur le fait qu’Amandla cherche, du fait de sa proximité avec l’Homme blanc par sa carnation, a être radicalement kémite; comme pour compléter une insuffisance, voire l’image du complexe de l’Antillais. Il y a ce moment où la mère est étonnée qu’Amandla se soit autant intégré au Cameroun, au point d’en maîtriser la cuisine et certains codes, ce qui n’est pas sans rappeler des conversations intracommunautaires sur l’idée de « bounty », etc. Nulle doute que l’auteure fournit un regard tout aussi critique sur la bourgeoisie camerounaise et le rapport des aînés africains aux afrodescendants, à travers la mère. D’ailleurs, Ixora et Amandla dénoncent explicitement comment elles sont perçues comme des Nordistes, et sont bien conscientes du dédain de la mère de Dio.

Enfin, elles sont, toutes deux, des « sans généalogie » face à un Dio qui cherche à fuir la sienne.

Le poids du sang

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Oulalah, il fait chaud d’un coup…

Gros, gros, gros tour de force dans une description d’une « nouvelle » masculinité noire, c’est que Dio – qui n’est que le destinataire de ces discours de femmes, et donc jamais présent – est un homme qui a choisi de ne pas avoir d’enfants. Rejetant l’héritage d’une famille qui a collaboré durant la colonisation, puis d’un père violent, et au final de ses propres actes, on a donc un personnage masculin :

  • Central, mais pas principal.
  • Homme, qui refuse d’assurer sa descendance – une manière de « se castrer ».
  • Africain, en rupture avec son héritage.

Les femmes de sa vie sont chacune un miroir sur une masculinité qui lui échappe, tout en portant elles-mêmes différentes féminités mouvantes. On remarque dans l’oeuvre plus parallélisme dont Dio ne fait pas nécessairement partie, mais qu’il subit toujours, d’une manière ou d’une autre, dans son incapacité à se placer dans le monde.

  • De Mère en Femme : une ancre féministe

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Photo by Zanele Muholi 

Un premier parallélisme que l’on relève est entre la mère et Ixora. Elles sont toutes deux mères célibataires, cherchent à faire de Dio leur ancre pour leur futur, et trouvent l’amour auprès d’une femme. Là où ça devient encore plus intéressant, c’est qu’Ixora va faire le choix de quitter Dio pour la femme qu’elle aime, là où la mère a choisi de rester. Est-ce que le fait d’être une « Sans généalogie » l’absout d’un certain poids des conventions camerounaises ? Est-ce une simple question de génération ? Est-ce que la violence de Dio, suite à l’annonce de leur séparation, est une sanction annoncée par la mère ? J’aborderai la dimension spirituelle un peu plus bas.

Ce qui est sûre, c’est qu’à aucun moment, ni Ixora ni la Mère identifient leur amour selon des orientations sexuelles ou identités sexuelles définies. Non pas qu’on s’attende à une déclaration pour le lecteur, mais ce qui est puissant est que cette injonction à se définir, est en filigrane : elle transparaît par la gêne de la mère sur le qu’en dira-t-on ?, une sorte de « ces choses-là », au point qu’elle hésite même à en parler à son fils dans la narration.

Ixora, qui rappelle tout au long de son parcours comment elle n’a jamais aimé le sexe avec aucun de ses partenaires, vit finalement son amour avec une femme comme une libération plus assurée, évoquant explicitement le cunnilingus.

Il y a une certaine revendication du plaisir féminin, mais surtout de la liberté obtenue dans un amour entre femmes, sans que cela ne réponde à une grille de lecture prédéfinie. On parle du corps, de la chair, de la chaleur et non du fait d’être une femme avec une femme. Ce décentrement est, à mon sens, à l’image d’un enjeu du féminisme africain qui est de réaffirmer la visibilité des couples féminins – dans la pop culture comme dans la lutte lgbtqi – :

« Les féministes africaines ont joué un rôle clé dans la cartographie « des significations changeantes du sexe, du genre et de l’incarnation au cours de la modernité coloniale» et, bien que leur écriture n’invoque pas directement des formations «étranges», «suit comment les corps gagnent et perdent du sens dans le temps, Comment le sexe et la sexualité s’attachent aux corps à mesure qu’ils traversent l’espace, comment le pouvoir circule et se déplace en tant que genres et non-genres ».Cependant, les féministes africaines ont pris des positions ambivalentes et souvent contradictoires sur les sexualités entre femmes » Source

Bien que Léonora Miano ne se revendique pas nécessairement comme féministe africaine, il est clair que la lentille à travers laquelle elle construit l’histoire de ces femmes est imprégnée par cette mouvance.

Aussi, de la même manière que les études postcoloniales sur le genre en Afrique utilise le terme « lesbien » entre guillemets, il est nécessaire de se pencher sur l’histoire des identités sexuelles en Afrique subsaharienne pour saisir cet amour entre femmes hors d’un regard occidental.

En s’appuyant sur les travaux de Saskia Wieringa, on comprend que l’homophobie institutionalisée dans certains pays africains est un héritage des puissances coloniales :

« Des données historiques et anthropologiques cependant indiquent que c’était l’homophobie qui a été introduite par les puissances coloniales occidentales dans les sociétés africaines, dans lesquelles des formes particulières de comportements homosexuels des femmes ou des hommes ou les relations ont été pratiquées de manière plus ou moins institutionnalisée. Outre les mariages entre femmes, d’autres formes de pratiques sexuelles de même sexe et des relations ont été documentées, telles que les rites d’initiation, les jeux érotiques des filles tels autour de l’allongement des lèvres, des relations[autour de la maternité] et d’autres liens d’amitié »

« Traditionnellement, les relations entre les femmes suivent un modèle de mariage hétérosexuel. Les marqueurs d’identité majeurs peuvent être le statut social, la richesse, le pouvoir spirituel, plutôt que le sexe de son/sa partenaire. Les relations homosexuelles traditionnelles des femmes peuvent ainsi donner lieu à des discussions intéressantes sur la conceptualisation du sexe et du genre, des agences sexuelles et l’identité et le genre et la multiplicité sexuelle. Les mariages féminins «indépendants» pourraient exister dans une situation où les « Maris »-femmes étaient indépendantes, dans des sociétés où le genre a été déterminé par celui qui s’est marié (en tant que contributeur de la dot, attribuant le statut de mari) et par un système spirituel qui pourrait intégrer la multiplicité de genre, à condition que les rituels appropriés soient effectués ». Source

Le travail de Wieringa s’appuie sur l’étude de plusieurs pays et ethnies, donc n’hésitez pas à consulter les sources pour plus de précision sur les pays concernés, les nuances,etc.

Ainsi, on comprend que les couples d’Ixora et de la mère reprennent certains codes où l’amour entre femmes est un espace de survie, de reconstruction suite à la violence d’un système patriarcal et raciste, et qui s’abstient d’être nommé selon les représentations occidentales des identités sexuelles. Il reprend également certains codes spirituels : l’amante d’Ixora fait partie, par exemple, d’une sorte de sororité clanique, à laquelle Ixora est étrangère et donc à laquelle elle ne peut accéder sans décliner son identité et sa lignée.

La place du spirituel dans les relations entre femmes est également connue dans la guérison traditionnelle chez les Zulus. Comme l’explique Lindiwe P. Mkasi dans son formidable article « African same-sexualities and indigenous knowledge: Creating a space for dialogue within patriarchy »il y a cette prise en compte spirituel que des esprits peuvent choisir d’habiter un corps et que cet esprit transcende les genres. L’hôte de cet esprit, un sangoma, peut voir son orientation sexuelle dictée par ce dernier.

En d’autres termes, si l’on transpose cela dans une grille occidentale :

  • Lesbian – A female sangoma who is possessed by a female spirit.
  • Bisexual – A female sangoma who is possessed by a female spirit and a male spirit.
  • Transgender – A female sangoma who is possessed by a male (authoritative) spirit.
  • Gay – A male sangoma who is possessed by a female spirit.

La dimension spirituelle confère aux femmes sangoma de vivre leur sexualité plus librement – selon l’endroit où elles se trouvent, c’est plus ou moins accepté – et leur permet de créer un espace safe au sein d’une société patriarcale, dû au caractère sacré des Isangoma.

Le parallèle que je fais ici entre le cas des femmes sangoma et la représentation du couple d’Ixora et de celui de la mère, est la naissance d’un amour entre femmes comme échappatoire à un espace patriarcale, et donc un espace de care et de survie.

Note: il n’est, je le rappelle, pas question ici de plaquer des notions occidentales comme le lesbianisme politique par exemple, comme mouvement organisé, mais bien d’affirmer la représentation décoloniale de ces sexualités de même sexe.
  • De Mère en fils : l’incapacité d’aimer.

En plus d’un père brutal comme son fils, d’un père aussi absent de la narration que son fils, on observe un autre parallélisme : Dio et sa mère se sont choisis plutôt que de vivre leur amour avec celles qu’ils aiment. Si leurs motivations sont différentes, elles tournent encore autour de la descendance : la mère a choisi de revenir à ses conditions pour assurer l’avenir de ses enfants, là où Dio a quitté pour Amandla pour ne pas avoir d’enfants.

  • Spirituel et Juju

Le spirituel n’est pas seulement le fait des amours féminins cités plus haut. En effet, ce qui transcende la vie de Dio, est certainement la dimension spirituelle : du choix de son prénom (Dio, qui veut dire « ancre » alors que celui-ci ne cesse de fuir) aux demandes de sa mère auprès de la guérisseuse/fétiche, il y a ce rappel constant, lancé par les 4 femmes, qu’il ne peut se débattre éternellement avec ce qu’il est et ce qu’il a choisi de haïr.

Autre point, la vérité sur ce qu’il est apparaît au moment où il bat Ixora, révélant ainsi sa plus grande crainte : celle d’avoir hérité du sang de son père, d’un passif, et de le reproduire. Sa fureur est à la hauteur de ce qu’il a perdu : l’assurance d’avoir une descendance par le fils d’Ixora, sans transmettre son sang. En choisissant de rompre, Ixora lui retire cet échappatoire.

La violence du fils faisant écho à celle du père, la mère qui est témoin de ces deux violences dans le temps après avoir été victime… Tous ces éléments participent à l’idée d’un cycle qu’il était possible pour Dio de fuir hors du continent.

Autant vous dire qu’après un tome 1 aussi riche, je ne sais même pas si Léonora Miano me laissera dormir : il faut que je lise la suite !

Pour aller plus loin :

L’homosexualité en Afrique : sens et variations d’hirer à nos jours, Charles Gueboguo

“Lesbian”/female same-sex sexualities in Africa

Pressions sociales et construction identitaire Le cas des femmes qui ont des rapports sexuels avec des femmes de Yaoundé

 

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