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[BOOKREVIEW] La Fille du Roi Araignée, par Chibundu Onuzo

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Après Americanah, difficile de ne pas chercher une atmosphère similaire. Cette année, j’ai présenté sur le blog quelques auteurs ghanéens et nigérians, intéressée par certaines expressions familières et moments de vie communs aux afrodescendants. J’avais entendu parler du petit prodige qu’est Chibundu Onuzo, qui, à seulement 19 ans, a gagné plusieurs concours d’écrire et a eu son premier roman publié.

La Fille du Roi araignée est vulgairement présenté comme un Roméo et Juliette, dans l’intrigue… et c’est si réducteur ! En effet, on suit l’histoire d’Abik, fille d’un riche homme d’affaires nigérian et influent, qui rencontre sur son chemin un vendeur de glace au bord de la route. Intrigué par sa beauté et son attitude, Abik va vouloir le connaître, malgré les différences qui les opposent. Surnommé Runner G, le jeune homme vit dans les bidonvilles de Lagos, et parcourt les routes avec ses ventes à la sauvette. Difficile pour lui donc de comprendre comment il peut soulever autant d’intérêts chez elle. Pourtant, leur recherche de sincérité va les amener à s’aimer, avec une innocence et une naïveté presque enfantine. Malheureusement, leur relation va s’achever dans ses circonstances tragiques, dû à un passé qu’ils ignorent partager depuis longtemps.

A travers cette histoire, Chibundu Onuzo dissémine une critique acerbe du Nigéria : corruption, configuration de la famille nigériane (voire africaine), hypocrisie sociale et violence de classes, Onuzo dénonce la manière dont les familles les plus pauvres sont victimes des intérêts des hommes d’affaires, et d’une violence quasi tolérée à leur encontre.

Pour les habitué.e.s comme moi d’un ton plus fort et d’une narration qui bouscule le lecteur, le style d’Onuzo semblera un peu plus tiède et l’histoire, courte. Mais son travail est prometteur, dans le sens où il acte l’existence d’une jeunesse nigériane critique et prête à dénoncer dans sa littérature, les réalités sociales et politiques du Nigéria.

Si vous avez aimé Americanah, vous apprécierez certainement la critique de la société nigériane et vous retrouverez un peu de cet art du détails, où chaque petite pièce est un indice pour l’intrigue.

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